Guide mis à jour le 29 septembre 2026

RSSI ou DSI : qui fait quoi ?

Deux métiers voisins, deux responsabilités distinctes.

Dans beaucoup de PME, le directeur des systèmes d'information (DSI) porte aussi la sécurité, faute d'un responsable de la sécurité des systèmes d'information (RSSI). Ce guide précise ce que chacun fait, pourquoi il vaut mieux séparer les deux rôles et comment s'organiser quand l'entreprise n'a pas de RSSI.

L'essentiel en 30 secondes

  • Le DSI fait fonctionner le système d'information : il le construit, l'exploite et en assure le support.
  • Le RSSI fixe les règles de sécurité et contrôle qu'elles sont appliquées, y compris par la DSI.
  • Séparer les deux rôles évite qu'une même personne se contrôle elle-même et garantit un point de vue indépendant devant la direction.
  • Sans RSSI, la sécurité n'a pas de responsable désigné : la direction reste responsable des décisions et de leurs conséquences.
  • Un RSSI à temps partagé répond au besoin d'une PME : le rôle est tenu par un professionnel expérimenté, sans poste à temps plein.

Découvrir notre offre : RSSI externalisé

Qui fait quoi ?

Le tableau ci-dessous répartit les responsabilités usuelles. Dans une organisation bien répartie, le DSI agit et le RSSI cadre et contrôle. Sur plusieurs sujets, le rôle du DSI est de mettre en œuvre ce que le RSSI a décidé.

Responsabilité DSI RSSI
Stratégie du système d'information Définit et pilote la stratégie numérique et les projets Veille à ce que la sécurité soit intégrée dès la conception
Exploitation et support Assure le fonctionnement quotidien, la disponibilité et l'assistance aux utilisateurs Ne l'exploite pas ; définit les exigences de sécurité applicables
Sécurité opérationnelle (correctifs, sauvegardes, comptes) Met en œuvre : applique les correctifs, réalise les sauvegardes, gère les comptes Fixe les règles et les délais, vérifie qu'ils sont tenus
Analyse de risques Fournit la connaissance technique du système d'information Conduit l'analyse, hiérarchise les risques et propose les mesures
Politique de sécurité (PSSI) Contribue et l'applique Rédige, fait valider par la direction et fait vivre la politique
Conformité (RGPD, NIS 2, ISO 27001) Fournit les preuves techniques et applique les mesures Pilote la démarche, suit les écarts et rend compte
Gestion de crise Rétablit les services et restaure les systèmes Coordonne la réponse et conseille la direction
Sensibilisation Relaie les consignes auprès des utilisateurs Conçoit et mène le programme de sensibilisation
Contrôle et audit Est contrôlé sur l'application des règles Contrôle, organise les audits et les tests, suit les corrections

Pourquoi séparer les deux rôles

Le DSI est jugé sur la disponibilité, les délais et le coût du système d'information. Le RSSI est jugé sur le niveau de sécurité. Ces deux objectifs sont légitimes, mais ils entrent régulièrement en tension : installer un correctif peut interrompre un service, restreindre un accès peut ralentir un projet.

Quand la même personne porte les deux rôles, elle arbitre seule ces tensions, et personne ne vérifie son travail. Séparer les rôles apporte trois choses :

  • Un contrôle indépendant. Celui qui applique les règles n'est pas celui qui vérifie qu'elles sont appliquées.
  • Un arbitrage éclairé. Le désaccord entre disponibilité et sécurité remonte à la direction, qui décide en connaissance de cause au lieu de subir un compromis implicite.
  • Un point de vue indépendant devant la direction. Le RSSI rend compte des risques tels qu'ils sont, y compris quand ils concernent l'organisation de la DSI.

Dans une PME sans RSSI

Dans une PME, le poste de RSSI à temps plein est rarement justifié, et difficile à pourvoir. La sécurité est alors confiée au DSI ou à un responsable informatique, en plus de son travail. Deux conséquences reviennent souvent :

  • la sécurité passe après l'urgence quotidienne : les correctifs et les revues d'accès sont repoussés, la politique de sécurité n'est pas écrite ;
  • personne ne rend compte des risques à la direction, qui décide sans les voir.

Sans RSSI, la direction reste responsable : la sécurité ne disparaît pas parce qu'aucun poste n'existe. La directive NIS 2 rappelle d'ailleurs que la direction approuve les mesures de gestion des risques et en supervise la mise en œuvre.

Plusieurs solutions permettent de tenir la fonction sans poste à temps plein :

  1. Confier la fonction à un RSSI à temps partagé. Un professionnel expérimenté intervient quelques jours par mois, rend compte à la direction et pilote un plan d'actions. C'est la solution la plus adaptée à la plupart des PME.
  2. Désigner un correspondant interne, appuyé par un tiers. Un collaborateur assure le suivi courant, et un expert extérieur apporte le contrôle et l'expertise.
  3. Déléguer la sécurité opérationnelle à un prestataire, tout en gardant la décision. Le prestataire applique, mais les priorités, l'arbitrage et le contrôle restent du côté de l'entreprise.

Comment les faire travailler ensemble

Une collaboration efficace repose sur quelques règles simples :

  • Écrire qui décide de quoi. Une répartition claire des responsabilités évite les zones grises, en particulier pour les correctifs, les accès et la réponse à incident.
  • Se réunir à rythme fixe. Un point mensuel entre DSI et RSSI, et un comité de sécurité avec la direction plusieurs fois par an, suffisent pour suivre les chantiers.
  • Intégrer la sécurité dans les projets dès le départ. Le RSSI est consulté dès le lancement d'un projet, quand ses recommandations coûtent encore peu à appliquer.
  • Partager les mêmes indicateurs. Taux de correctifs appliqués, sauvegardes testées, comptes à privilèges : le DSI fournit les données, le RSSI les analyse et les présente.
  • Répéter la gestion de crise ensemble. Un exercice annuel montre qui fait quoi le jour où l'incident arrive.

Questions fréquentes

Un DSI peut-il aussi être RSSI ?

C'est possible, et fréquent dans les petites structures, mais ce n'est pas l'idéal. Le DSI est jugé sur la disponibilité et le coût du système d'information, le RSSI sur son niveau de sécurité. Ces objectifs peuvent s'opposer, par exemple quand un correctif impose d'arrêter un service. Si le cumul est inévitable, il faut au moins que la direction arbitre et qu'un tiers puisse contrôler les décisions de sécurité.

Le RSSI dépend-il du DSI ?

Le plus sain est un rattachement à la direction générale, ou à défaut à un membre du comité de direction autre que le DSI. Un RSSI placé sous l'autorité du DSI risque de voir ses alertes filtrées ou retardées, alors qu'il doit pouvoir rendre compte directement à la direction.

Une PME a-t-elle vraiment besoin d'un RSSI ?

Elle a besoin que la fonction soit tenue : quelqu'un doit fixer les priorités de sécurité, suivre les risques et rendre compte à la direction. Il n'est pas nécessaire que ce soit un salarié à temps plein. Selon la taille de l'entreprise, la fonction peut être confiée à un RSSI à temps partagé, présent quelques jours par mois.

Quelle différence avec le DPO ?

Le délégué à la protection des données (DPO) veille au respect du RGPD et à la protection des données personnelles. Le RSSI protège l'ensemble des informations de l'entreprise, qu'elles soient personnelles ou non, ainsi que les moyens techniques et organisationnels pour y parvenir. Les deux rôles se complètent, sur des périmètres qui se recoupent en partie.

Que change la directive NIS 2 ?

La directive NIS 2 demande aux entités concernées de mettre en place des mesures de gestion des risques de cybersécurité. Elle prévoit aussi que la direction approuve ces mesures et en supervise la mise en œuvre. Avoir une personne clairement chargée de la sécurité aide à répondre à cette exigence.

Sources

Mis à jour le 29 septembre 2026.

Nos offres de conseil en cybersécurité

Toutes nos offres

Mesurer votre niveau

Piloter votre sécurité

Prévenir les incidents

L'IA en entreprise

Parlons de votre situation

Un échange de 30 minutes avec un consultant senior pour faire le point sur vos enjeux et vos priorités.