IA génératives et risque cyber en entreprise
Les IA génératives produisent du contenu de façon autonome à partir d’une demande textuelle humaine. Elles multiplient les promesses, mais obligent aussi les entreprises à revoir leurs pratiques de cybersécurité.
Article publié le 1er février 2024. Les chiffres, les outils et la réglementation qu'il cite ont pu évoluer depuis.
Les IA génératives permettent de produire un contenu (image, voix, texte, vidéo, code…) de façon autonome à partir d’une demande textuelle humaine, les « invites » ou « prompts » en anglais. Comme toutes les intelligences artificielles, les IA génératives utilisent des modèles de machine learning : les algorithmes apprennent et améliorent en continu leurs performances dans l’exécution d’une tâche spécifique.
Les IA génératives, entre eldorado et cauchemar…
Selon une étude publiée en 2023 par l’Ifop pour Talan, 71% des Français ont déjà entendu parler des IA génératives et 74% d’entre eux estiment qu’elles constituent une nouvelle révolution industrielle. En mars de cette même année, le laboratoire de recherche économique de Goldman Sachs annonçait déjà que leur utilisation pourrait entraîner une hausse de 7% du PIB mondial (près de 7000 milliards de dollars) et une croissance de la productivité de 1,5 point de pourcentage sur une période de 10 ans (source : AWS Amazon).
Accélération de la recherche, amélioration de la productivité et de l’expérience client, optimisation des processus métiers… l’utilisation des IA génératives multiplie les promesses. Mais dans les faits, il semble nécessaire de bien connaître les risques associés et d’adopter les bons réflexes, surtout lorsque l’on sait que 72% des Français estiment ne pas avoir les connaissances suffisantes pour les utiliser et que 68% de ceux qui s’en servent dans l’entreprise ne le disent pas à leur supérieur hiérarchique ! (étude Ifop).
Au fur et à mesure de leur déploiement massif, les IA génératives posent de plus en plus de problèmes, que ce soit en termes de protection des droits d’auteur, de divulgation d’informations non sourcées, biaisées ou imprécises, de deep fakes… Sur le sujet de la cybersécurité également, les IA génératives doivent inciter les entreprises à revoir leurs pratiques et à mieux identifier les risques.
68% des Français qui utilisent les IA génératives dans l’entreprise ne le disent pas à leur supérieur hiérarchique
Mieux connaître les risques et revoir ses pratiques
Le premier enjeu concerne la confidentialité et la protection des données. Les données transmises aux IA génératives sont assimilées par le robot et peuvent potentiellement être dévoilées à des tiers. La mésaventure de Samsung a été largement relayée dans les médias : en 2023, l’entreprise coréenne a en effet interdit l’utilisation des IA génératives après avoir découvert que certains membres de son personnel avaient divulgué du code source interne en le téléchargeant sur ChatGPT.
Au-delà des informations contenues dans les requêtes, les IA génératives collectent également un grand nombre d’éléments (localisation, outils Google, etc.) ; le consentement est obligatoire, encore faut-il y être attentif… gare aux fuites de données dans le cas contraire.
Autre point de vigilance, les IA génératives sont aussi largement utilisées par les cybercriminels, qui ne s’y sont pas trompés : elles sont une aide précieuse pour générer des codes malveillants, des messages pertinents, créer des campagnes de phishing ou d’ingénierie sociale encore plus efficaces. La productivité profite ainsi à tout le monde : les hackers bénéficient désormais d’un nouvel outil pour automatiser des attaques massives et exploiter les failles de sécurité.
Pour faire face à ces menaces, les institutions de l’Union européenne sont parvenues en décembre 2023 à un accord politique sur l’AI Act, le règlement européen sur l’intelligence artificielle, qui contient de nombreuses dispositions relatives à la transparence, la protection des données et aux règles concernant les données d’entraînement des modèles. Il n’en demeure pas moins qu’en 2024, l’IA est désormais un sujet essentiel au sein des thématiques de cybersécurité. Pour chaque entreprise, la réflexion est urgente sur le degré d’exposition, les moyens de sensibilisation, les stratégies de sécurisation… Contactez-nous pour en savoir plus !
Image : Mojahid Mottakin sur unsplash.com
Rédigé par l'équipe Veyan : des consultants seniors certifiés ISO/IEC 27001, EBIOS Risk Manager et DPO, au sein d'une société de conseil en cybersécurité fondée en 2017 à Guidel. Découvrir l'équipe
Questions fréquentes
Quels risques cyber les IA génératives font-elles courir aux entreprises ?
Le premier enjeu est la confidentialité : les données transmises à une IA générative sont assimilées par l’outil et peuvent potentiellement être dévoilées à des tiers. Ces outils collectent aussi de nombreuses données d’usage, avec un consentement auquel il faut être attentif. Enfin, les cybercriminels s’en servent pour produire du code malveillant et des campagnes de phishing plus convaincantes.
Peut-on utiliser ChatGPT en entreprise sans risque pour ses données ?
Le risque existe dès que des informations internes sont saisies dans l’outil. En 2023, Samsung a interdit l’usage des IA génératives après avoir découvert que des membres de son personnel avaient divulgué du code source interne en le chargeant sur ChatGPT. Avant tout usage, il faut donc définir quelles données peuvent être confiées à ces outils et sensibiliser les collaborateurs.
Les collaborateurs utilisent-ils l’IA générative sans le dire ?
Selon une étude Ifop pour Talan publiée en 2023, 68 % des Français qui utilisent les IA génératives dans l’entreprise ne le disent pas à leur supérieur hiérarchique. La même étude indique que 72 % des Français estiment ne pas avoir les connaissances suffisantes pour s’en servir. Ces usages invisibles échappent à tout encadrement et exposent l’entreprise.
Comment les cybercriminels utilisent-ils les IA génératives ?
Les IA génératives leur offrent une aide précieuse pour écrire du code malveillant, rédiger des messages crédibles et monter des campagnes de phishing ou d’ingénierie sociale plus efficaces. Elles leur permettent aussi d’automatiser des attaques massives et d’exploiter les failles de sécurité. Le gain de productivité profite ainsi autant aux attaquants qu’aux entreprises.
Que prévoit l’AI Act sur l’intelligence artificielle ?
En décembre 2023, les institutions de l’Union européenne sont parvenues à un accord politique sur l’AI Act, le règlement européen sur l’intelligence artificielle. À la date de notre article, en février 2024, le texte comportait de nombreuses dispositions sur la transparence, la protection des données et les données d’entraînement des modèles. Il ne dispense pas chaque entreprise d’évaluer sa propre exposition.
Comment encadrer l’utilisation de l’IA générative en entreprise ?
Notre article de février 2024 invitait chaque entreprise à réfléchir sans attendre à trois sujets : son degré d’exposition, les moyens de sensibilisation de ses équipes et ses stratégies de sécurisation. Cela suppose de savoir quels outils sont utilisés, quelles données y circulent et quelles règles fixer. Cette réflexion est le point de départ d’une gouvernance de l’IA.
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